Chaque année, le circuit des 24 Heures du Mans fait briller la Sarthe. Mais un autre secteur travaille dans l’ombre : la filière avicole. En 2025, l’épreuve automobile a généré environ 160 millions d’euros de retombées. La coopérative des Fermiers de Loué a, elle, réalisé 410 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce constat mérite votre attention.
La Sarthe, un territoire avicole qui dépasse les projecteurs
La production avicole sarthoise ne se contente pas de figurer dans les statistiques. Elle constitue un moteur majeur pour l’emploi local. Avec 9 400 salariés, le secteur agroalimentaire représente près de 30 % des effectifs industriels du département. La Sarthe se classe au sixième rang national pour la viande de volaille et les œufs. Comment un territoire peut-il concilier une image sportive et une réalité agricole aussi forte ? Ce dynamisme repose sur des entreprises solides et des éleveurs engagés.
Des chiffres clés pour comprendre le marché avicole
Le poids de cette filière dépasse les seules frontières du département. En Pays de la Loire, la production avicole pèse un milliard d’euros, soit 14 % de la production agricole régionale. À titre de comparaison, ce chiffre atteint seulement 6 % en France métropolitaine. La région est devenue une référence nationale.
- 🐔 29 millions de volailles vendues par les Fermiers de Loué en 2025
- 🥚 200 millions d’œufs écoulés par la même coopérative
- 🏭 30 % des emplois industriels sarthois liés à l’agroalimentaire
- 🥇 6e rang national pour la viande de volaille et les œufs
Vous mesurez ainsi l’écart entre la notoriété sportive et la réalité économique. Le circuit attire les projecteurs un week-end par an. L’élevage de volailles, lui, fait vivre le territoire toute l’année. Cette différence mérite d’être soulignée.
Une production avicole tournée vers la qualité et le développement durable
La Sarthe ne cherche pas la quantité à tout prix. Plus de 60 % des élevages avicoles spécialisés produisent sous Label Rouge ou IGP. Cette orientation vers la qualité des produits répond à une demande croissante des consommateurs. Elle s’inscrit aussi dans une logique de développement durable.
Les éleveurs sarthois ont su moderniser leurs outils. Voici l’exemple d’un jeune éleveur installé près de Loué. Il a investi 8 000 euros dans la rénovation de son bâtiment. Ce petit investissement a amélioré le confort de ses volailles et réduit sa consommation d’énergie. Le plan ambition filière avicole 2023-2027 prévoit ce type d’actions. Il s’agit de renforcer les couvoirs régionaux. Il faut aussi rénover les bâtiments standard. Les élevages de volailles peuvent bénéficier d’aides pour des investissements de moins de 10 000 euros.
Label Rouge et IGP : l’atout des éleveurs sarthois
Cet ancrage dans les labels ne doit rien au hasard. Il résulte d’une histoire débutée en 1958, autour d’un marché à Loué. Aujourd’hui, environ mille éleveurs adhèrent à cette dynamique collective. Leur force réside dans une organisation coopérative solide et une vision à long terme. Le consommateur y gagne une viande de qualité et une origine clairement identifiée.
Cette exigence profite également au marché avicole local. Les circuits courts et l’alimentaire local se développent. Les restaurants, les boucheries et les cantines sarthoises s’approvisionnent de plus en plus auprès de ces producteurs. La proximité devient un argument commercial et écologique.
Un secteur agroalimentaire en pleine croissance économique
Le géant LDC, installé à Sablé-sur-Sarthe, illustre cette trajectoire. Ses résultats annuels 2024-2025 montrent une reconquête des volumes. L’entreprise, connue pour ses marques Loué et Le Gaulois, reste un pilier de l’économie locale. Elle incarne la vitalité d’une filière avicole en mouvement.
La semaine de l’emploi agroalimentaire, lancée le 28 octobre 2025 chez LDC, confirme cette dynamique. L’objectif : faire découvrir les métiers de ce secteur. Car la filière a besoin de bras et de savoir-faire. Les jeunes générations découvrent des carrières techniques, encadrées et tournées vers l’innovation.
La croissance économique de ce secteur ne se mesure pas seulement en chiffres. Elle se lit dans les paysages, les emplois et la fierté des acteurs locaux. La Sarthe prouve qu’un territoire peut allier tradition, qualité et modernité. Cette équation rare mérite d’être suivie de près.

Henri Louis suit les filières agricoles françaises avec un œil de terrain. Il aime relier cultures, élevage et cuisine pour rendre les sujets complexes plus lisibles.
7 commentaires
Enfin un article qui met en avant l’agriculture durable ! Ces chiffres donnent envie d’approfondir. Astuce : la permaculture peut aussi booster ces filières.
Merci Henri pour cette analyse chiffrée. La filière avicole est un pilier agroéconomique souvent sous-estimé.
Wouah, je ne savais pas que la Sarthe était si importante pour le poulet ! J’adore découvrir des trucs comme ça. Merci pour l’article, très intéressant.
Données éclairantes. Le poids de l’aviculture dépasse le sport, et les volumes des Fermiers de Loué démontrent l’essor des filières durables.
Enfin un article qui rend justice à la filière avicole ! Des chiffres parlants sur un savoir-faire local souvent ignoré.
Quelle belle nouvelle pour la Sarthe ! Comment concilier production bio et bien-être animal à cette échelle ?
Bonjour Henri, comparer ces chiffres est révélateur : le vrai champion reste l’élevage local. Quelles pratiques agroécologiques sont déjà déployées chez les Fermiers de Loué ?